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Articles et entrevues

ENTREVUE EXPRESS
Comment planifier une formation captivante et performante?

Quels sont les ingrédients pour planifier une formation captivante et performante?
« La croyance populaire veut qu’une formation soit une forme d’art réalisé par une personne qui a un don, alors qu’il faut plutôt l’aborder comme une science. On ne sera jamais meilleur sans avoir la connaissance. Une formation n’est donc pas un assemblage d’histoires et de contenus présentés par un bon communicateur avec un PowerPoint », affirme Henri Boudreault. Pour avoir une formation captivante et performante, tout doit être pensé et organisé d’avance pour optimiser les apprentissages des participants. Personne ne devrait s’ennuyer si le formateur se pose les six questions suivantes avant de préparer sa formation.

  1. Quel est l’objectif de la formation? [contenu]
  2. Qui sont les participants? [âges, caractéristiques, est-ce une obligation ou un choix de suivre la formation?]
  3. Quelles activités devront-ils faire? [à définir par l’objectif (1) et les caractéristiques des participants (2)]
  4. Qu’est-ce que je devrai faire? [selon les activités (3) à faire réaliser et les objectifs à atteindre (1)]
  5. Combien de temps vais-je consacrer à chaque activité? [bien doser activités (3) et théorie (1)]
  6. Quelles sont les ressources nécessaires? [pour pouvoir réaliser les activités (3)]

M. Boudreault, vous enseignez différemment. Pouvez-vous expliquer en quoi ces dissemblances permettent de mieux faire apprendre le contenu d’un cours?
« Créer des problèmes que l’apprenant aura envie de résoudre et dont la solution est justement ce qu’on veut lui faire apprendre, c’est mon slogan (…) », dit d’emblée Henri Boudreault. Tel un mentaliste ou un humoriste, il a tout prévu. Pourtant, son cours semble improvisé, car il part des apprenants et les fait participer. Celui-ci fonctionne avec ce qu’il appelle un itinéraire des apprentissages, une forme de contrat didactique[1]. Il s’explique : « Voici ce que vous allez faire aujourd’hui. On sait où on s’en va et on y va ensemble ». M. Boudreault aime expérimenter. Il se distingue des autres formateurs par son écoute active des apprenants. Il recueille des informations à travers eux, ce qui lui permet d’ajuster ses stratégies selon leurs caractéristiques et leurs états. Comme il se remet constamment en question, sa formation se renouvelle sans cesse. « Faire apprendre, c’est accepter de s’adapter constamment. Il n’y a pas deux apprenants et deux formations identiques », ajoute M. Boudreault.

Avec un itinéraire des apprentissages, vous considérez-vous comme un guide?
Le formateur d’aujourd’hui doit devenir un accompagnateur des apprenants de sa formation pour faciliter leurs apprentissages. À partir du moment où l’attention n’est plus exclusivement sur le formateur, celui-ci peut jouer un rôle d’appui beaucoup plus efficace. L’idée n’est pas de jouer au guide, au mentor ou au tuteur, mais de proposer une destination à l’apprenant qu’il aura envie d’accepter et d’y aller avec lui. « Dans la Formation des formateurs, je joue au médiateur entre les participants et ce qu’ils doivent apprendre, car j’insère mon savoir dans les discussions avec eux à partir des activités. Ils intègrent donc la matière petit à petit de façon à maintenir leur attention tout au long de la journée », spécifie le formateur. Par conséquent, c’est beaucoup moins de travail pour l’enseignant durant la formation, mais beaucoup plus avant la formation.

Comment un formateur peut-il livrer tout le contenu promis dans son plan de cours?
De façon générale, 80 % du contenu à faire apprendre est déjà dans la salle de formation, le formateur apporte les 20 % manquants. Chaque participant en détient une partie. Le formateur doit le faire émerger en créant des activités et des interactions pour pouvoir l’assembler, le valider, le corriger, l’infirmer ou le compléter, le cas échéant. Voilà le vrai rôle d’un formateur d’aujourd’hui. On oublie le mythe qui proclame que si le formateur ne le dit pas, les apprenants ne le retiendront pas. « C’est plutôt le contraire, soutient M. Boudreault, un cours n’est pas une séance d’information où l’on raconte des blagues et où l’on fait l’intéressant et, par accident, des éléments sont assimilés ». Sinon, les participants ne font que conserver ce qu’ils savaient déjà. Pour faire apprendre quelque chose, le formateur doit disparaître au profit de l’apprenant. Il doit élaborer des stratégies pour que les participants agissent de façon consciente, volontaire, autonome et sociale.

Une mauvaise gestion du temps fera dire à un formateur à la fin du cours : « j’avais autre chose à vous enseigner, mais le temps nous manque… » Ce n’est pas une bonne justification. L’apprenant repart avec le sentiment d’avoir perdu son temps. Pourtant, « il y a des ressources et des stratégies à mettre en place pour arriver dans le temps et je vous donnerai des trucs au cours de la journée. Dans ma formation, on part de l’endroit où les apprenants sont rendus et on continue vers l’objectif de la formation. On y gagne en temps et en satisfaction, et ce, pour les participants, pour le formateur et pour le commanditaire de la formation », prétend M. Boudreault.

BOUDREAULT Henri wFormation des formateurs s’adresse autant aux formateurs ou enseignants expérimentés qu’à ceux qui débutent dans le métier. Cette formation pourra également plaire à ceux qui souhaitent devenir formateurs et qui veulent commencer sur une bonne base.

Enseignant en formation professionnelle et conseiller pédagogique depuis 27 ans, Henri Boudreault (Ph.D.) est maintenant professeur au Département d'éducation et formation spécialisées de l'UQAM. Il étudie les environnements favorisant la didactique et le développement des compétences professionnelles. Il est responsable du Centre de recherche appliquée en instrumentation de l'enseignement (CRAIE) et éditeur de la revue scientifique Technigogie.

La Formation continue de l’UQAM privilégie les petits groupes de participants afin que chacun puisse interagir et tirer le maximum de cette journée de formation.


[1] Le contrat didactique met l’enseignant devant un paradoxe : ce qu'il entreprend pour faire produire par l’élève les comportements qu’il attend, sachant qu’il prive ce dernier des conditions nécessaires à la compréhension et à l’apprentissage de la notion visée. Cette notion met en valeur une conception : l’enseignant effectue la « dévolution de problème » et non la communication d’une connaissance. Source : Wikipédia

 

Par Annie Desharnais, agente d’information, Service de la formation universitaire en région de l’UQAM

 

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