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Articles et entrevues

ENTREVUE EXPRESS
En contexte de changement, quelles sont les pratiques participatives d’innovation sociale?

Madame Mahy, pouvez-vous expliquer brièvement en quoi consiste la théorie U?
« La théorie U ou théorie du changement transformationnel de Scharmer est différente de la plupart des méthodes de gestion du changement. Elle repose sur l’idée que pour réussir à innover, c’est souvent nécessaire de puiser, non pas dans nos expériences passées, mais bien à même les intuitions que nous avons du futur. Selon Scharmer, ces intuitions seraient déjà en train d’émerger en soi et autour de soi. Cette idée assez provocante est à la base de cette théorie. La théorie U guide la création de nouvelles idées et solutions quand ce qui existe déjà ne fonctionne pas. Et, bien franchement, il y a tant de choses qui ne fonctionnent pas. Pensons à nos systèmes sociaux, politiques ou économiques qui ne parviennent pas à générer des solutions aux problèmes et aux enjeux très complexes de notre époque : les changements climatiques, la pauvreté et l’injustice sociale pour ne nommer que ceux-ci. On peut aussi être aux prises avec des problèmes plus locaux, au sein d’une entreprise par exemple, alors que l’on ne parvient pas à innover, à imaginer des solutions ou à faire les choses autrement (…) », explique Isabelle Mahy.

Qu’est-ce que la théorie U permet de mobiliser au sein d’une organisation?
« La théorie U mobilise à la fois notre rationalité et nos sens, nos intuitions et notre créativité. Elle guide la réflexion et permet de commencer à penser autrement afin de pouvoir agir autrement. Quand le savoir est déjà acquis, celui de l’expérience n’est pas utile. Alors, vers quoi est-il possible de se tourner? Vers le futur! Ceci semble paradoxal, mais en fait, Scharmer veut dire de se tourner vers ses connaissances intuitives. C’est de là qu’émergent les sensations, les émotions et les images. Celles-ci sont les sources mêmes de ce qui peut devenir de belles et grandes idées, très utiles en contexte de changement, car elles deviennent la pierre d’achoppement de ce changement (…) », soutient la professeure. On est loin des méthodes habituelles de gestion du changement. On s’engage ici dans le changement pour innover. La théorie U est un processus qui permet d’innover socialement quand l’issue du projet est inconnue. Diverses avenues seront explorées au cours de la formation.

Pouvez-vous nommer une solution de rechange aux approches et pratiques actuelles liées au changement?
Si tout est déjà segmenté et structuré, on ne fait que répéter ce qu’on connaît déjà. On est alors confronté à un problème de complexité, mais la théorie U permet de penser la complexité. Du coup, les individus se rassemblent pour former des groupes, ce qui donne lieu à des idées nouvelles, des solutions, des modèles et des intuitions. C’est l’émergence d’un changement qui fait créer quelque chose de nouveau. Par exemple, avec un forum ouvert qui accueille 12 à 2 000 personnes, on peut travailler autour d’enjeux complexes, car « l’apprentissage passe par des processus de conversation puissants », ajoute Mme Mahy. La passion et la responsabilité stimulent les groupes puisqu’ils doivent décider eux-mêmes de l’ordre du jour et des sujets à aborder. Au cours des deux journées, les participants feront l’expérience d’un projet de changement. Par des exercices et des discussions, différentes alternatives aux approches et pratiques actuelles seront proposées.

La formation Théorie U : changement et innovation s’adresse tant aux gestionnaires et cadres qu’aux professionnels de tous les domaines. Les conseillers en communication, en ressources humaines, en développement organisationnel ou en gestion de changement enrichiront leurs pratiques et découvriront de nouveaux outils par cette formation. Le but est « de se familiariser avec les pratiques participatives de changement qui sont à la base de l’innovation sociale », ajoute Isabelle Mahy.

MAHY Isabelle w2Professeure au Département de communication sociale et publique de l’UQAM, Isabelle Mahy (Ph. D.) a travaillé au sein de diverses organisations pendant 25 ans en intervenant sur les plans stratégique et opérationnel. La transformation organisationnelle et l’accompagnement du changement constituent ses principaux champs d'expertise. Ses travaux portent entre autres sur le changement émergent, les pratiques participatives, l'innovation et la collaboration. Elle a publié « Les coulisses de l'innovation, création et gestion au Cirque du Soleil » en 2008 et « Théorie U, changement émergent et innovation », en 2012.

La Formation continue de l’UQAM privilégie les petits groupes de participants afin que chacun puisse interagir et tirer le maximum de ces deux journées de formation.

 

Par Annie Desharnais, agente d'information, Service de la formation universitaire en région

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